Sainte Honorine – Entre Bayeux, Graville et Conflans

Sainte Honorine nous est fort mal connue et l’existence même du personnage n’est pas clairement attestée. Lorsque l’on souhaitait autrefois raconter son martyre au cours d’un office, on lisait la narration de la vie de sainte Dorothée et on se contentait de remplacer le nom de cette dernière par celui d’Honorine. Rien de bien concluant donc…

Il existe deux foyers de culte de sainte Honorine en Normandie : à Bayeux et dans ses environs, et à Graville et ses environs. Certains pensent qu’il y a eu deux Honorine, mais la tendance actuelle de la recherche penche plutôt en faveur de l’unicité. On estime que le personnage était originaire de la région de Bayeux et qu’il fallut attendre la fin Ixe ou le début Xe siècle pour que son corps parvienne à Graville, probablement emporté par des moines souhaitant le soustraire aux prédations des Vikings. Il y avait peut-être à l’époque, à Graville (qui ne s’appelait à l’évidence pas encore comme ça), un petit lieu de culte, alors dédié à saint Étienne édifié en lieu et place d’un ancien ermitage.

On pense que dans leur quête d’un asile plus sûr, les religieux de Bayeux passèrent par Graville vers la fin du Ixe siècle. Mais ils ne purent demeurer longtemps dans une zone tout aussi exposée que Bayeux aux raids scandinaves. Bien vite ils reprirent leur route. Un texte datant du XIIe siècle nous raconte la translation des reliques de sainte Honorine depuis Graville jusqu’à « Castrum Confluentium », que nous appelons aujourd’hui Conflans-Sainte-Honorine. Un bref texte du XIIe siècle raconte comment les religieux quittèrent la pointe de Caux en brisant le sarcophage au niveau de la tête, pour en extirper le corps de la sainte et partir en catastrophe. On pense que le site de Mélamare (près de Saint-Romain-de-Colbosc) appelé Chapelle-Sainte-Honorine, fut une étape marquée par les moines dans leur fuite vers l’est.