Histoires normandes au temps des Vikings et des ducs de Normandie

« Histoires normandes, Au temps des Vikings et des ducs de Normandie ».- Cormelles-le-Royal : Éditions In-Quarto, 2011.- 160 p.

La Normandie a onze siècles ! Pour fêter ce bel anniversaire, nous avons à la manière des anciens annalistes et chroniqueurs médiévaux mis en lumière une sélection d’évènements, importants ou anodins, connus ou inconnus, tous représentatifs du temps des Vikings et de l’époque ducale. Chaque histoire, richement illustrée, se lit indépendamment des autres.
Nous vous invitons donc à découvrir en notre compagnie les étonnantes fables parsemant la Tapisserie de Bayeux, les origines étrangement normandes de la légendaire Table Ronde et celles de la Chanson de Roland, racontée par l’énigmatique Turold. Venez sillonner la mer du Nord au milieu de captifs des Vikings, assister aux funérailles de Guillaume le Conquérant, ou au vol malheureux d’un certain Conan, depuis le sommet de la citadelle de Rouen…
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Revue de Presse

  • La Manche Libre : « L’auteur a pris le parti de contenir sa sourcilleuse érudition, nourrie aux meilleurs sources, dans une écriture singulièrement alerte, moderne et captivante. »
  • Côté Rouen: « On vous recommande chaleureusement de découvrir le travail de ce passionnant historien. »
  • Le Havre Infos: « Cet ouvrage s’appuie sur une connaissance très précise des faits. voila qui rend le tout hyper digeste, même pour les néophytes en matière d’histoire médiévale. »
  • Côté Caen : « L’auteur parvient à captiver son lectorat avec des aventures épiques, pleines de rebondissements et d’anecdotes. »
  • Ouest-France :« 65 histoires à consommer sans aucune modération. »
  • Paris-Normandie: « Les textes sont tous agrémentés des repères historiques nécessaires. L’auteur a aussi effectué une belle recherche iconographique »
  • Au Fil de la Normandie: « Les petites histoires rejoignent ici la Grande Histoire, les faits historiques connus ayant parfois pour origine des évènements anodins ou particuliers. »
  • Patrimoine Normand: « Alors que la Normandie fête son 1100e anniversaire, SWG a mis en lumière, à la lumière des annalistes et chroniqueurs médiévaux, une série d’évènements. « 
  • C l’Eure : « Voilà un ouvrage de SWG, auteur de nombreux articles historiques, qui ne manquera pas d’intéresser les amateurs de légendes et évènements normands, qu’il rassemble dans un bel ouvrage publié chez In Quarto. »
  • Le Calvados: « Retour sur des évènements qui révèlent la singularité de cette époque, célèbres ou inconnus, majeurs ou non. »
  • Histobiblio.com : « Un livre intéressant et recommandé autant aux novices qu’à ceux, plus connaisseurs, qui souhaitent avoir sous la main un pense-bête sur le sujet [...] fort réussi ! » Vous pouvez lire l’intégralité du commentaire ici.

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Une Histoire normande : le naufrage de la Blanche Nef

25 novembre 1120. Toute la noblesse anglo-normande est réunie à Barfleur, afin d’embarquer pour l’Angleterre où l’on célébrera en grande pompe la fête de Noël. La mer est calme et rien ne laisse présager l’approche d’un drame.

Alors que le roi Henri s’apprête à grimper sur son bateau, un homme vient vers lui et se prosterne à ses pieds. Le moine Orderic Vital raconte qu’il se nomme Thomas et qu’il se présente comme fils d’Étienne : « [Il] était mon père et toute sa vie il servit le vôtre sur la mer. Ce fut lui qui, sur son vaisseau, le porta en Angleterre, quand il s’y rendit pour combattre Harold ». En conséquence, Thomas revendique l’honneur de compter le souverain parmi ses passagers. Mais Henri s’est engagé ailleurs et il ne veut pas se dédire : « J’ai choisi un navire qui me convient, je ne le changerai pas ; mais je vous confie mes fils, Guillaume et Richard, que j’aime comme moi-même, ainsi que beaucoup de nobles de mon royaume ». Guillaume Adelin (du vieil anglais Ætheling, prince) n’est autre que l’héritier légitime du trône d’Angleterre, et Richard l’un des nombreux bâtards du roi Henri.

Convoyer ainsi le futur roi d’Angleterre ne constitue pas un mince privilège et les matelots en tirent un certain orgueil. Pour fêter l’événement, ils réclament haut et fort du vin et le prince, sans doute lui-même un peu gris, leur en fait bailler trois muids. Les gosiers se rincent à volonté et les esprits s’échauffent. Une jeunesse privilégiée et braillarde monte à bord de la Blanche Nef. On se moque des prêtres venus bénir le navire et on les chasse à coups de grands éclats de rire. Certains s’alarment de ce chahut et préfèrent prudemment descendre.
Déjà le bateau du roi a pris la mer. On veut le rattraper, montrer que l’on est plus rapide et se livrer à une course à travers la Manche. Dans la nuit éclairée par un mince rayon de lune, les marins saouls comme des barriques appuient fort sur les rames et Thomas le pilote surveille mal son cap. La Blanche Nef s’empale violemment sur un rocher que la marée montante vient juste de recouvrir et sombre aussitôt. « Dans un si grand danger, tout le monde ensemble poussa des cris affreux ; mais l’eau ne tarda pas à leur remplir la bouche, et ils périrent tous également. » À bord de la nef royale, on entend les hurlements sans bien comprendre ce qui se passe et l’on se ronge les sangs.
Parvenu en Angleterre, Henri attend dans l’angoisse l’arrivée de la Blanche Nef. Les heures s’égrènent et la nouvelle du drame gagne enfin la cour. Personne n’ose cependant annoncer au roi la mort de ses fils. Le lendemain matin, un enfant se jette à ses pieds en pleurant « et lui dit que la cause du deuil qu’il voyait provenait du naufrage de la Blanche Nef. » Le choc est rude : Henri vacille et s’effondre sans un mot.
Durant les jours qui suivent, on retrouve les corps méconnaissables de quelques-unes des victimes, mais pas celui de l’héritier de la couronne : « La pourpre et le lin vont pourrir dans le liquide abîme, et les poissons dévorent celui qui naquit du sang des rois. »

 

© 2012 – Stéphane William Gondoin – www.normannia.fr