Les Histoires normandes de Dimanche Ouest-France

Les Histoires Normandes d’Ouest-France

 

Le dimanche, le quotidien Ouest-France publie l’une de mes chroniques dédiées à l’histoire de la Normandie. Grands événements ou petites anecdotes, personnages fameux ou illustres inconnus, ils sont dans les « Histoires normandes ».

  Année 2013

  • 12 mai 2013 : la grande évasion (1804)
  • 5 mai 2013 : indien à Honfleur (1503)
  • 14 avril 2013 : par la braguette ! (1068)
  • 7 avril 2013 : terreur en Normandie (1346)
  • 31 mars : tsunami sur l’Orne (1755)
  • 10 mars : l’arbre va tomber (1793)
  • 3 mars : Belges normands (1914)
  • 24 février : sous l’eau (1890)
  • 17 février : du travail bien fait (1343)
  • 10 février : portrait d’un soudard (1526)
  • 27 janvier : chasse au fantôme (v. 1570)
  • 20 janvier : un raz-de-marée (1909)
  • 6 janvier : mort d’un renard (1085)

 Année 2012

  • 30 décembre : au front (1914)
  • 25 novembre : mortelle méprise (1639)Histoires normandes dimanche ouest-france
  • 4 novembre : un privilège (v. 625)
  • 28 octobre : hiver 17 (1917)
  • 21 octobre : sauver sa peau (1046)
  • 7 octobre : ciel en fête (1910)
  • 30 septembre : quel ingrat ! (v. 584)
  • 23 septembre : porte de l’exil (1830)
  • 16 septembre : le ciel sur la tête (1803)
  • 9 septembre 2012 : amours interdites (1603)
  • 2 septembre 2012 : dernier jour (1431)
  • 19 août 2012 : « Domesday Book » (1086)
  • 12 août 2012 : crapaud et reliquaire (1836)
  • 5 août 2012 : reine étranglée ? (1315)
  • 29 juillet : couvent maudit
  • 22 juillet : sac d’os (1562)
  • 15 juillet : l’anneau brisé (1469)
  • 8 juillet : Granville-la-Victoire (1793)
  • 1er juillet : périple posthume (1840)
  • 24 juin : jambon de potence (1408)
  • 17 juin : le pain du sang (1091)
  • 10 juin : en joue… Feu ! (1800)
  • 3 juin 2012 : Fleur-d’épine (1761)
  • 27 mai : l’âme du copiste (1050)
  • 20 mai : feu sur La Hougue (1692)
  • 13 mai : petite reine à Caen (1905)
  • 6 mai : possédées à Louviers (1647)Histoires normandes dimanche Ouest-France
  • 22 avril : entente cordiale (1848)
  • 15 avril : autel sanglant (586)
  • 8 avril : le trou Baligan (448)
  • 11 mars : infernal asile (1785)
  • 4 mars : « Demain, dès l’aube » (1843)
  • 26 février : bataille à Formigny (1450)
  • 19 février : terreur à Argentan (1793)
  • 12 février : la Grande Eperonnière (1590)
  • 5 février : brouillard meurtrier (1783)
  • 29 janvier : doléances d’un peuple (1789)
  • 22 janvier : touché, coulé ! (1912)
  • 15 janvier : Romains en Cotentin (56 av. J.-C.)
  • 8 janvier : sale bête ! (1632)

Année 2011

  • 18 décembre : le dernier duc (1204)
  • 11 décembre : assemblée à Caen (Noël 1182)
  • 4 décembre : un coup mémorable (16 mars 1041)
  • 27 novembre : feu sur le Mont (vers 992)
  • 20 novembre : western à L’Aigle (1136)
  • 13 novembre : pugilat cathédral (1119)
  • 6 novembre : à la tour de Londres (1101)
  • 30 octobre : Taillefer à Hastings (14 octobre 1066)
  • 23 octobre : cap au sud ! (Vers l’an Mil)
  • 16 octobre : les oies de Pirou (IXe siècle)
  • 9 octobre : la peau du tanneur (1051)
  • 2 octobre : les vœux de Mathilde (avant 1045)
  • 25 septembre : drôle de prélat (1055)
  • 18 septembre : le mariage d’Emma (Pâques 1002)Histoires normandes dimanche Ouest-France
  • 11 septembre : orgies sur le Mont (v. 965)
  • 4 septembre : la bataille de Varaville (1057)
  • 28 août : l’orme de Gisors (Eté 1188)
  • 21 août : en pèlerinage (juillet 1035)
  • 14 août : meurtre sur la Somme (17 décembre 942)
  • 7 août : le roi repentant (21 mai 1172)
  • 31 juillet : Arlette de Falaise (vers 1027)
  • 24 juillet : normands en Italie (An Mil)
  • 17 juillet : Caen sort des ténèbres (1027)
  • 10 juillet : promesse tenue !
  • 3 juillet : la Mesnie Herlequin (Janvier 1091)
  • 26 juin : le serment de Bayeux (26 juin 2011)
  • 19 juin : prisonnier des Vikings (Vers 890)
  • 12 juin : du sang sur les draps (Décembre 1082)
  • 5 juin : pénibles funérailles (9 septembre 1087)
  • 29 mai : mégères du Cotentin (An Mil)
  • 22 mai : un look d’enfer ! (1105)
  • 15 mai : des brigands à l’autel (1048)
  • 8 mai : Saint-Clair-sur-Epte (911)
  • 24 avril : Vikings sur la Seine (12 mai 841)
  • 17 avril : la Blanche Nef (25 novembre 1120)

Histoires normandes au temps des Vikings et des ducs de Normandie

« Histoires normandes, Au temps des Vikings et des ducs de Normandie ».- Cormelles-le-Royal : Éditions In-Quarto, 2011.- 160 p.

La Normandie a onze siècles ! Pour fêter ce bel anniversaire, nous avons à la manière des anciens annalistes et chroniqueurs médiévaux mis en lumière une sélection d’évènements, importants ou anodins, connus ou inconnus, tous représentatifs du temps des Vikings et de l’époque ducale. Chaque histoire, richement illustrée, se lit indépendamment des autres.
Nous vous invitons donc à découvrir en notre compagnie les étonnantes fables parsemant la Tapisserie de Bayeux, les origines étrangement normandes de la légendaire Table Ronde et celles de la Chanson de Roland, racontée par l’énigmatique Turold. Venez sillonner la mer du Nord au milieu de captifs des Vikings, assister aux funérailles de Guillaume le Conquérant, ou au vol malheureux d’un certain Conan, depuis le sommet de la citadelle de Rouen…
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Revue de Presse

  • La Manche Libre : « L’auteur a pris le parti de contenir sa sourcilleuse érudition, nourrie aux meilleurs sources, dans une écriture singulièrement alerte, moderne et captivante. »
  • Côté Rouen: « On vous recommande chaleureusement de découvrir le travail de ce passionnant historien. »
  • Le Havre Infos: « Cet ouvrage s’appuie sur une connaissance très précise des faits. voila qui rend le tout hyper digeste, même pour les néophytes en matière d’histoire médiévale. »
  • Côté Caen : « L’auteur parvient à captiver son lectorat avec des aventures épiques, pleines de rebondissements et d’anecdotes. »
  • Ouest-France :« 65 histoires à consommer sans aucune modération. »
  • Paris-Normandie: « Les textes sont tous agrémentés des repères historiques nécessaires. L’auteur a aussi effectué une belle recherche iconographique »
  • Au Fil de la Normandie: « Les petites histoires rejoignent ici la Grande Histoire, les faits historiques connus ayant parfois pour origine des évènements anodins ou particuliers. »
  • Patrimoine Normand: « Alors que la Normandie fête son 1100e anniversaire, SWG a mis en lumière, à la lumière des annalistes et chroniqueurs médiévaux, une série d’évènements. « 
  • C l’Eure : « Voilà un ouvrage de SWG, auteur de nombreux articles historiques, qui ne manquera pas d’intéresser les amateurs de légendes et évènements normands, qu’il rassemble dans un bel ouvrage publié chez In Quarto. »
  • Le Calvados: « Retour sur des évènements qui révèlent la singularité de cette époque, célèbres ou inconnus, majeurs ou non. »
  • Histobiblio.com : « Un livre intéressant et recommandé autant aux novices qu’à ceux, plus connaisseurs, qui souhaitent avoir sous la main un pense-bête sur le sujet [...] fort réussi ! » Vous pouvez lire l’intégralité du commentaire ici.

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Une Histoire normande : le naufrage de la Blanche Nef

25 novembre 1120. Toute la noblesse anglo-normande est réunie à Barfleur, afin d’embarquer pour l’Angleterre où l’on célébrera en grande pompe la fête de Noël. La mer est calme et rien ne laisse présager l’approche d’un drame.

Alors que le roi Henri s’apprête à grimper sur son bateau, un homme vient vers lui et se prosterne à ses pieds. Le moine Orderic Vital raconte qu’il se nomme Thomas et qu’il se présente comme fils d’Étienne : « [Il] était mon père et toute sa vie il servit le vôtre sur la mer. Ce fut lui qui, sur son vaisseau, le porta en Angleterre, quand il s’y rendit pour combattre Harold ». En conséquence, Thomas revendique l’honneur de compter le souverain parmi ses passagers. Mais Henri s’est engagé ailleurs et il ne veut pas se dédire : « J’ai choisi un navire qui me convient, je ne le changerai pas ; mais je vous confie mes fils, Guillaume et Richard, que j’aime comme moi-même, ainsi que beaucoup de nobles de mon royaume ». Guillaume Adelin (du vieil anglais Ætheling, prince) n’est autre que l’héritier légitime du trône d’Angleterre, et Richard l’un des nombreux bâtards du roi Henri.

Convoyer ainsi le futur roi d’Angleterre ne constitue pas un mince privilège et les matelots en tirent un certain orgueil. Pour fêter l’événement, ils réclament haut et fort du vin et le prince, sans doute lui-même un peu gris, leur en fait bailler trois muids. Les gosiers se rincent à volonté et les esprits s’échauffent. Une jeunesse privilégiée et braillarde monte à bord de la Blanche Nef. On se moque des prêtres venus bénir le navire et on les chasse à coups de grands éclats de rire. Certains s’alarment de ce chahut et préfèrent prudemment descendre.
Déjà le bateau du roi a pris la mer. On veut le rattraper, montrer que l’on est plus rapide et se livrer à une course à travers la Manche. Dans la nuit éclairée par un mince rayon de lune, les marins saouls comme des barriques appuient fort sur les rames et Thomas le pilote surveille mal son cap. La Blanche Nef s’empale violemment sur un rocher que la marée montante vient juste de recouvrir et sombre aussitôt. « Dans un si grand danger, tout le monde ensemble poussa des cris affreux ; mais l’eau ne tarda pas à leur remplir la bouche, et ils périrent tous également. » À bord de la nef royale, on entend les hurlements sans bien comprendre ce qui se passe et l’on se ronge les sangs.
Parvenu en Angleterre, Henri attend dans l’angoisse l’arrivée de la Blanche Nef. Les heures s’égrènent et la nouvelle du drame gagne enfin la cour. Personne n’ose cependant annoncer au roi la mort de ses fils. Le lendemain matin, un enfant se jette à ses pieds en pleurant « et lui dit que la cause du deuil qu’il voyait provenait du naufrage de la Blanche Nef. » Le choc est rude : Henri vacille et s’effondre sans un mot.
Durant les jours qui suivent, on retrouve les corps méconnaissables de quelques-unes des victimes, mais pas celui de l’héritier de la couronne : « La pourpre et le lin vont pourrir dans le liquide abîme, et les poissons dévorent celui qui naquit du sang des rois. »

 

© 2012 – Stéphane William Gondoin – www.normannia.fr

Hauts lieux de légendes en Normandie

« Hauts lieux de légendes en Normandie ».- Paris : Éditions Jean-Paul Gisserot, 2011.- 128 p.

La Normandie possède une très riche tradition légendaire. Ses monuments les plus fameux sont peuplés d’anges ou de saints protecteurs luttant sans fin contre des démons orgueilleux. Lutins, créatures fantastiques, fantômes mélancoliques hantent ruines et marécages, landes ou forêts et la terre n’oublie rien des hauts faits de ses anciens ducs.

Nous avons réuni ici quelques-unes des plus belles histoires fabuleuses de la province aux léopards, avec la volonté de présenter les lieux qui les ont vues naître. Le plaisir de conter s’est  mêlé à celui de montrer que partout ces légendes ont laissé leur empreinte, témoignant qu’il existe un lien ténu entre passé et présent, rêve et réalité.

 

« Une légende est le mortier surnaturel d’une cathédrale, le terreau merveilleux d’une hêtraie, la tourbe féérique d’un marécage. »

 

L’avis de Paris-Normandie : « C’est un petit livre qui va faire le bonheur de beaucoup de gens : tous ceux qui aiment la littérature, les vieilles histoires et les légendes, les amoureux du patrimoine normand, les passionnés d’histoire, les conteurs, les enseignants, les romantiques, les enfants et les grands enfants [...] un beau voyage à travers les siècles. »

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Extrait de l’ouvrage :

La légende du moine copiste

 

Certains chantent de nos jours que « le travail c’est la santé », mais au Moyen Âge, on pensait aussi qu’il pouvait sauver l’âme…

Au milieu du XIe siècle, l’abbé Théoderic dirigeait la communauté monastique de Saint-Evroult-d’Ouche, située non loin de la ville de Sées. Il était d’une grande piété et gouvernait son abbaye avec sagesse et douceur. Il n’hésitait cependant pas à faire preuve d’une certaine fermeté lorsque la situation l’exigeait. Afin de maintenir la discipline parmi les plus jeunes frères, il aimait leur raconter une étrange légende venue du fond des âges.

Dans un certain monastère, il y avait bien longtemps, vivait un moine particulièrement rétif au respect des règles énoncées par saint Benoît. Il ne manquait jamais une occasion de contredire ses supérieurs ou de contester les décisions du père abbé. Il se livrait volontiers à toutes sortes de péchés, pillant les vivres du cellier pour se goinfrer en cachette, dormant pendant les offices, infligeant à ses frères de nombreux tours pendables… Il effectuait de fréquents passages dans la salle du chapitre afin d’y recevoir de justes réprimandes ou punitions publiques. Son dos portait les stigmates des centaines de coups de verge qu’il avait reçus. Pour les repas, il était toujours exclu de la table commune et mangeait seul. Personne n’avait droit de lui adresser la parole. Il enfilait les pénitences comme les prières d’un chapelet.
Mais ce frère se métamorphosait dès qu’il franchissait la porte du scriptorium. Il pouvait demeurer des heures calmement assis devant son pupitre, à copier de longues pages de textes sacrés. Chacun louait la qualité exceptionnelle de son travail et le regardait avec admiration exercer son art.
Lorsque ce frère mourut, il fut aussitôt emporté pour comparaître devant le tribunal de Dieu. Les démons se réjouissaient déjà à la perspective d’accueillir une âme de plus dans la géhenne et ils déclamèrent l’interminable litanie des fautes commises. Mais les anges présentèrent pour sa défense son plus beau manuscrit. Il s’agissait d’un ouvrage remarquable, contenant l’un des livres de la Loi. Les anges comptèrent une lettre pour compenser chaque écart de conduite énoncé. Lorsque les démons eurent fini de déclamer leur liste, il restait encore une lettre à la dernière page. Les diables recherchèrent alors désespérément un péché supplémentaire, mais rien n’y fit. Le cœur navré, ils se résolurent à perdre le bénéfice de cette âme et virent le butin promis leur échapper.

 

Théoderic tirait de cette histoire une morale d’une rigueur toute monastique : « Pensez fréquemment à cet événement, mes très chers frères, et purgez vos cœurs de tous les désirs frivoles et nuisibles ; sacrifiez continuellement au Seigneur votre Dieu les ouvrages de vos mains, évitez de tous vos efforts l’oisiveté comme un poison mortel, parce que, comme le dit notre saint père Benoît, l’oisiveté est l’ennemie de l’âme. »

© 2012 – Stéphane William Gondoin – www.normannia.fr

Emma de Normandie

« Emma de Normandie, Reine au temps des Vikings ».-Cahors : La Louve Editions, février 2011.- 256 p.

Vous trouverez ici en ligne les documents complémentaires liés à cet ouvrage.

Les photos qui illustrent cet ouvrage (hors Tapisserie de Bayeux) ont été réalisées par Serge Van Den Broucke, journaliste spécialisé en histoire et patrimoine, rédacteur en chef de la revue Atrium ConstructionLa Louve Éditions a publié en 2011 une biographie, signée de l’historien Stéphane William Gondoin, consacrée à la reine Emma de Normandie. Bien trop méconnue du grand public français, cette femme d’exception régna sur l’Angleterre quatre décennies durant. Épouse de deux rois, mère de deux autres rois, sa destinée extraordinaire fit dire à Winston Churchill : « Peu de femmes se sont trouvées placées au centre d’une convergence de forces aussi considérables ».  Par son mariage avec le roi saxon Æthelred II, et par les nombreuses intrigues et conflits dont elle fut le témoin et parfois l’actrice, elle devint la grande figure féminine de l’âge viking. Emma fut aussi directement à l’origine de l’invasion de l’Angleterre par son petit-neveu, Guillaume le Conquérant, s’imposant ainsi comme un personnage historique majeur dans l’émergence d’un royaume britannique unifié.

Dans cet ouvrage, Stéphane William Gondoin entraîne le lecteur au cœur d’une fabuleuse épopée médiévale où souffle l’air du grand large. Il l’emporte à la recherche des aïeules de cette souveraine, qui assurèrent la pérennité de la lignée des premiers ducs de Normandie. Stéphane William Gondoin ne s’est cependant pas contenté de retracer pas à pas la vie de son héroïne, grâce à un travail de documentation et de recherche scrupuleux et précis. Il restitue également tout l’univers social et politique dans lequel Emma a évolué. Il apporte des éléments de réflexion sur la condition de la femme autour de l’an Mil, sur les dangers qui la menaçaient, sur les risques liés à l’accouchement, sur les modes de vie princiers, les croyances religieuses, les rites funéraires.  Par son intelligence, son opportunisme, son sens politique, Emma de Normandie a su se libérer des carcans imposés aux femmes par les mœurs de son temps et a ainsi contribué à écrire l’une des pages les plus exaltantes de l’histoire de l’Europe.

Emma de Normandie, reine au temps des Vikings s’impose comme un ouvrage de référence.

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Revue de Presse

  • Le Havre Infos : « Emma de Normandie est un récit historique palpitant, très bien écrit qui donne du plaisir et de la connaissance. A recommander sans aucun doute »
  • La Manche Libre : « Cette biographie offre le double attrait d’une riche investigation historique, agrémentée de cartes et d’un éclairage sociétal sur la femme de ce temps [...] Puisse ce livre contribuer à la rendre aussi célèbre en Normandie qu’elle ne l’est en Angleterre. »
  • Culture normande : « Le livre de Stéphane William Gondoin est un grand, un bon bouquin d’histoire, celui que nous attendions [...] Il est l’auteur d’un certain nombre d’ouvrages touchant la Normandie [...] mais c’est indiscutablement ce livre sur Emma de Normandie qui le fait entrer dans la lignée des grands biographes. Cet ouvrage est riche par son texte, mais aussi par son glossaire, sa chronologie, ses cartes, ses généalogies. »
  • Au fil de la Normandie : « dans ce livre, Stéphane William Gondoin nous conduit à travers un fascinant voyage dans l’Europe du Moyen Âge. »
  • Histoire et Images Médiévales: « L’auteur parvient, en exploitant chartes et chroniques, à faire ressurgir son rôle de femme de pouvoir, mais aussi son caractère [...] Le livre nous permet de nous familiariser pleinement avec un contexte méconnu [l’Angleterre d’avant la période « normande »), mais aussi au travers d’Emma et d’autres figures féminines, de comprendre quelle pouvait être la condition féminine de l’époque. Très instructif et attachant ! car l’ouvrage recèle bien des surprises. Le lecteur jugera de la postérité d’Emma, maintenant qu’il en a les clefs. »
  • Moyen Âge:  parle « d’une fabuleuse épopée ». Le magazine a notamment apprécié « les chroniques du temps, avec illustrations des lieux évoqués, les cartes et arbres généalogiques. »
  • Historia : seul magazine à se montrer quelque peu critique, n’attribue qu’un seul « H » et estime  » que les sources sont insuffisantes pour écrire une véritable biographie, et que l’auteur a pallié ces lacunes par des généralités sur l’Angleterre. » Cela est certes un avis respectable,  mais les « généralités sur l’Angleterre », regardées comme étant de haut niveau par les spécialistes, permettent par exemple de ne pas confondre « danegeld » et « heregeld », ou « épouses » et « concubines »…
  • Lili Galipette : critique en ligne ici
  • Histobiblio.com : critique en ligne ici

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Emma de Normandie : Aliénor d’Aquitaine au XIe siècle

Sœur du duc de Normandie Richard II, Emma est mariée en 1002 au roi d’Angleterre Æthelred II. Elle a environ 15 ans et son mari 35. Il est déjà père d’une dizaine de marmots. Elle lui en donne 3 de plus : Édouard, Alfred et Godgifu.
Elle découvre la brutalité de son mari lorsqu’il ordonne d’exterminer tous les Danois d’Angleterre le 13 novembre 1002, jour de la Saint-Brice. Ce massacre déclenche de violentes représailles scandinaves.  En 1013, la pression danoise sur l’île est si forte, qu’Emma et les siens doivent s’exiler en Normandie. Le couple rentre certes l’année suivante, mais l’autorité d’Æthelred s’étiole jour après jour. Il s’éteint en 1016, alors que le prince danois Knútr (le Grand) frappe aux portes de Londres.
Après une année 1016 d’une violence inouïe, Emma convole en 1017 avec Knútr, désormais maître incontesté de l’Angleterre. En s’unissant au vainqueur, elle conserve sa position et demeure au pouvoir. Elle lui donne un fils, Hörthaknútr (Knútr le Dur) et oublie les trois enfants de son premier mariage, qui connaissent un long exil en Normandie.
Knútr décède en 1035, laissant derrière lui un fils illégitime nommé Harold. Malgré une franche opposition d’Emma, il se hisse sur le trône en 1037. Elle doit à nouveau partir, mais revient triomphante en 1040 aux côtés d’Hörthaknútr et atteint le sommet de sa puissance. Elle rappelle alors en Angleterre Édouard, l’unique fils survivant de son premier mariage et passe commande d’un ouvrage à sa gloire, l’Éloge de la reine Emma

Hörthaknútr décède brutalement au cours d’un banquet et Édouard lui succède. Emma espère se maintenir au pouvoir à ses côtés, mais il n’a rien oublié du mépris avec lequel elle l’a autrefois traité. Il l’écarte sèchement des affaires en 1043. Elle terminera ses jours paisiblement dans son domaine de Winchester, le 6 mars 1052. Un poète résume ainsi sa vie à la fin du XIe siècle : « Elle avait des rois pour fils et des rois pour époux. »

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1/ La représentation de la grande duchesse Gonnor dans le cartulaire du Mont Saint-Michel (p. 58 d’Emma de Normandie, Reine au temps des Vikings)

D’abord simple concubine, puis femme légitime du duc de Normandie Richard Ier (942-996), Gonnor survécut 35 ans à son époux. A l’occasion du mariage, son défunt mari lui avait constitué un douaire, c’est-à-dire un ensemble de biens destiné à assurer sa subsistance en cas de veuvage. Ce douaire se composait de droits et de péages divers, ainsi que d’un patrimoine foncier conséquent. Il n’appartenait pas réellement à Gonnor. Elle n’en était que l’usufruitière. Vers 1020 cependant, avec l’accord du véritable propriétaire, son fils Richard II (996-1026), Gonnor concéda une large partie de son douaire à l’abbaye du Mont-Saint-Michel.

Dans la seconde moitié du XIIe siècle, l’abbé du Mont Robert de Torigny entreprit de recenser tous les titres de propriété de son monastère dans un cartulaire. On y découvre la plus ancienne représentation connue de la duchesse Gonnor (BM. Ms. 210 f°23). Ce manuscrit fait aujourd’hui partie du fond de la bibliothèque municipale d’Avranches et est ponctuellement exposé au Scriptorial d’Avranches .

 

2/ Les représentations d’Emma de Normandie dans La « Estoire de seint Aedward le rei, translatee de latin » – Milieu du XIIIe siècle (pp. 123 & 124 d’Emma de Normandie, Reine au temps des Vikings)

 

 

Pendant que le roi danois Svein ravage l’Angleterre et rançonne le peuple, la reine Emma prend la fuite en direction de la Normandie avec ses deux jeunes fils, Edouard et Alfred. Ils sont accompagnés par un homme barbu. Il peut s’agir du roi Aethelred II, de l’abbé de Peterborough ou de l’évêque de Londres. Les costumes, armes et armures datent du milieu du XIIIe siècle. On se réfère là indubitablement au massacre des Innocents et à la fuite de Marie en Egypte (La Estoire de seint Aedward le rei tranlatee de latin – L’histoire du saint roi Edouard traduite du latin, v. 1250, Cambridge University Library, Ms. E.e.3.59 f° 4 v).

 

La reine Emma arrive avec ses fils à la cour de son frère, le puissant duc Richard II de Normandie. Le potentat les accueille avec bienveillance. A droite, le roi Svein est transpersé par saint Edmond pour avoir osé profaner son sanctuaire de Bury (La Estoire de seint Aedward le rei tranlatee de latin – L’histoire du saint roi Edouard traduite du latin, v. 1250, Cambridge University Library, Ms. E.e.3.59 f° 4).

 

3/ La représentation d’Emma de Normandie figurant dans le « Liber Vitae » du New Minster à Winchester (p. 167 d’Emma de Normandie, Reine au temps des Vikings)

 

 

Un « Liber Vitae » (Livre de vie) est une sorte de livre d’or tenu par une communauté monastique. Il contient les noms de tous les bienfaiteurs de l’établissement. Ceux qui y figurent peuvent espérer s’attirer les bonnes grâces du Seigneur. Emma et Knutr offrent une croix d’or et d’argent au New Minster de Winchester (Liber Vitae de New Minster, British Library Stowe 944, fol 6 r). Il s’agit de la plus ancienne représentation connue d’Emma de Normandie (avant 1035).

 

4/  La représentation d’Emma de Normandie figurant dans l’ »Encomium Emmae Reginae » (p. 194 d’Emma de Normandie, Reine au temps des Vikings)

 

 

L’Encomium est un ouvrage rédigé vers 1041 à la gloire d’Emma de Normandie, enfin parvenue au sommet de sa puissance. Elle a alors surmonté toutes les épreuves, survécu à tous les régimes et triomphé de la plupart de ses adversaires politiques. Sur le premier folio du plus ancien manuscrit connu de ce texte, figure la remarquable enluminure visible ci-dessus. L’auteur (anonyme) remet son travail à sa commanditaire. On aperçoit sur la gauche d’Emma deux jeunes hommes, qui sont probablement ses fils Hörthaknutr et Edouard le Confesseur (Encommium Emmae Reginae, British Library Add. 33241 f° 4v et 5r).

© 2012 – Stéphane William Gondoin – www.normannia.fr

Guillaume le Conquérant et les femmes

« Guillaume le Conquérant et les femmes : Arlette de Falaise et la reine Mathilde, entre légende et réalité ».- Cahors : La Louve Éditions, juin 2012.- 128 p.

Documentation concernant Arlette/Herleva

Documentation concernant Mathilde de Flandre

Mathilde de FlandreNovembre 1083. L’un de ces petits matins frais et brumeux, si fréquents en Normandie à l’époque où jaunissent les feuilles des arbres. Au château de Caen, probablement… La vaste cour bruisse d’une agitation inhabituelle. Face au palais ducal, une foule imposante s’est agglutinée devant un robuste portail de bois brut. L’un des vantaux pivote dans un grincement lugubre. Ouverture du second vantail et même plainte déchirante… La reine Mathilde est morte.

Guillaume, duc de Normandie et roi d’Angleterre, son époux, est-il présent pour ses obsèques ?

De cette question sans réponse est née l’idée de ce livre. Nous connaissons bien Guillaume le Conquérant chef de guerre, vainqueur d’Hastings. On s’est en revanche peu intéressé à l’homme qu’il fut dans l’intimité, notamment à travers sa relation aux femmes. Or ces femmes tenaient un rôle essentiel dans sa vie : Arlette de Falaise et la reine Mathilde furent deux présences discrètes, unies dans la destinée fabuleuse de ce personnage exceptionnel. Ces dames, par trop méconnues, qui peuplent l’univers du maître incontesté de la Normandie et de l’Angleterre, sont ici mises en lumière et révèlent par là une autre facette du personnage. Sous l’armure du guerrier, efforçons-nous d’apercevoir le fils, l’époux, le père… Entre légende et réalité, bienvenue dans l’univers des femmes de Guillaume le Conquérant.

Erratum : malgré tout le soin apporté à la réalisation de mes ouvrages, il arrive qu’une erreur se glisse malencontreusement entre les lignes.

P. 42 : pour le siège d’Alençon, lire hiver 1051-1052 au lieu de 1050-1051.

La presse en parle :

Patrimoine Normand N° 82 :

Moyen Âge N° 90 :

La Manche Libre, 29 septembre 2012

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